Comment se réalise un audit de tube de cuivre ?

Produit de grande consommation pour les professionnels du bâtiment, le tube de cuivre NF nécessite de multiples procédures qui visent à garantir ses spécifications et un niveau de qualité irréprochable. Afin de mieux comprendre ce que représentent les coulisses de la marque NF “Tubes en Cuivre“, nous avons suivi pas à pas un audit réalisé par Joël Quillerou, ingénieur certification au CSTB (Centre Scientifique et Technique du Bâtiment). Pour cela, nous nous sommes rendus dans les Ardennes, à Givet, sur le site de production historique.

Un tube de cuivre disposant du droit d’usage de la marque NF est un produit spécifique qui a fait l’objet de nombreuses recherches et mises au point afin de lui donner une performance, une fiabilité et une qualité supérieures. Pour garantir ces niveaux d’exigence, un organe de contrôle et de vérification a pour mission de certifier que ces tubes sont conformes aux caractéristiques définies par la norme européenne NF EN 1057. Ce processus est géré conjointement par AFNOR Certification et le CSTB pour le contrôle des produits.

DEUX AUDITS PAR AN

La marque NF “Tubes en Cuivre“ apposée sur les produits résulte de tout un processus de certification de l’entreprise et des produits sortis des lignes de fabrication. En complément de la procédure de contrôle effectuée initialement à l’entrée du fabricant à la marque NF, un audit semestriel permet ensuite de s’assurer du respect des prescriptions définies par le référentiel de certification NF 090 qui régit les produits tubes de cuivre. C’est au CSTB que AFNOR Certification a confié les missions d’audit auprès des industriels, de même que les essais et contrôles des caractéristiques produits. Accrédité Cofrac, le CSTB assure le secrétariat technique des marques NF tubes nus, gainés et raccords en cuivre.

L'audit commence par une prise d'échantillons sur le parc de tubes de cuivre. Barres et couronnes sont choisies par l'auditeur en qualité métallurgique écroui, demi-dur et recuit.

PRISE D’ÉCHANTILLONS SUR SITE

Tous les 6 mois, chaque site de production est visité par un auditeur certification du CSTB. Sur place, sa mission commence par la sélection des échantillons de tubes de cuivre. Pour chaque diamètre et chaque état métallurgique, il choisit lui-même les barres et les couronnes dans lesquelles sont prélevés les échantillons pour analyses chimiques et tests mécaniques. Sur chaque produit sélectionné, deux lots sont constitués : un premier pour analyse immédiate par le laboratoire du site de production, un second pour expédition au CSTB où sera réalisé un programme d’essais similaire. Au final, le rapprochement des résultats obtenus permettra de valider l’ensemble de la campagne de tests. Sous l’œil vigilant de Joël Quillerou, les techniciens apportent un soin particulier à chaque prise d’échantillon. Par exemple, les extrémités de chaque tube sont obturées par écrasement, afin de parer à toute pollution qui pourrait influencer la mesure du taux de carbone sur la paroi intérieure. Dans un souci de traçabilité et pour éviter une quelconque confusion, Joël Quillerou appose un tampon encreur à la marque du CSTB sur chaque échantillon prélevé.

Chaque produit est obturé par écrasement à ses extrémités pour éviter toute pollution avant tests et essais. Un tampon du CSTB permet d’authentifier l’échantillon. 

ESSAIS EN USINE

Deuxième étape : en présence de l’auditeur, les techniciens du laboratoire sur le site procèdent dans la foulée à l’ensemble des contrôles et des essais. Commence alors une batterie de tests au cours de laquelle chaque échantillon sera analysé selon les exigences du référentiel :

  • Contrôles dimensionnels (diamètre,
  • épaisseur, ovalisation, excentration)
  • Mesure du taux de carbone
  • Essais de traction
  • Essais de cintrage
  • Essais d’évasement
  • Essais de rabattement de collerette
  • Analyse chimique

 

Chaque tube est testé en cintrage par Nasser Makhloufi, technicien au sein du laboratoire.
 

Résultats des essais d’évasement et de rabattement de collerette.

 

VÉRIFICATION DU SYSTÈME D’ASSURANCE QUALITÉ

L’auditeur rencontre ensuite longuement Bernard Chrétien, technicien qualité produits, afin de vérifier le système d’assurance qualité mis en œuvre au sein du site. L’usine bénéficie d’une certification ISO 9001 délivrée par l’AFAQ. Ce système d’assurance qualité étant certifié par un organisme reconnu, les différentes dispositions du référentiel NF 090 sont a priori considérées comme satisfaisantes.

Toutefois, Joël Quillerou passe en revue les points de conformité, y compris le mode de gestion des réclamations clients. Dans le cas présent, un outil logiciel spécifique est dédié à cette mission de suivi et signale qu’aucune réclamation, valable et acceptée comme telle, n’apparaît depuis le dernier audit. Autre sujet d’intérêt : le traitement sur ligne de production des produits. En effet, parmi les points de vérification du référentiel NF «Tubes en Cuivre», il est également question de la traçabilité des tubes pour laquelle sont vérifiés les moyens mis en œuvre tels que le repérage des produits et leur suivi. Joël Quillerou vérifie donc les modalités d’identification et d’isolement des produits concernés.

 

Contrôle des procédures métrologiques appliquées aux instruments de mesure avec Nordine Meslem, technicien du laboratoire.

Profitant de se trouver dans le laboratoire d’essais, Joël Quillerou s’assure que les procédures d’étalonnage des instruments de mesure et d’analyse sont régulièrement effectuées. Ainsi, plusieurs outils de métrologie choisis au hasard par l’auditeur font l’objet d’une inspection au niveau de leurs modes d’étalonnage et de la documentation. A titre d’exemple, la validité d’un micromètre sera vérifiée (dates de contrôle, cales étalons…). Cette étape introduit la prise en compte du système qualité interne à l’entreprise (ISO 9001). 

Parmi les phases de tests, la mesure du taux de carbone est certainement l’opération la plus délicate à mettre en œuvre. Elle exige une procédure bordée de multiples précautions pour ne pas fausser la précision des résultats, car sont ici mesurés des taux inférieurs au milligramme de carbone (Voir Lettre du Cuivre n°95).

Christophe Metz, technicien de laboratoire, place un échantillon dans l’analyseur. Chauffé à 800 °C, il permettra de déterminer la teneur en carbone de la surface intérieure du tube.
 

REMISE D’UN PREMIER RAPPORT

En fin de journée, au terme de la campagne d’essais et de la vérification du système d’assurance qualité, Joël Quillerou rédige un premier rapport détaillant les points visés, les résultats du laboratoire et les conclusions de son audit sur site. Cette visite a ici révélé une conformité totale aux spécifications du référentiel. Reste à effectuer la série d’essais sur le second lot d’échantillons dans les laboratoires du CSTB. L’ensemble du rapport sera ensuite présenté de façon anonyme à la prochaine commission de la marque NF « Tubes en cuivre » à AFNOR Certification. Dans la mesure où la totalité des points du référentiel sont respectés, après décision de la commission, AFNOR Certification autorisera le renouvellement du droit d’usage de la marque … jusqu’au prochain audit semestriel. La liste des titulaires de la marque NF Tubes en cuivre ainsi que les produits certifiés sont disponibles auprès d’AFNOR Certification et sur le site www.marque-nf.com

 

Avec Bernard Chrétien, en charge de la qualité sur le site de production, l’auditeur passe en revue les différents points du système d’assurance qualité.
 

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